Cyberespace

Le Robert définit ainsi ce mot qui peut sembler issu d’un roman de science-fiction: Espace de communication créé par l’interconnexion mondiale des ordinateurs et par les données qui y sont traitées; espace dans lequel naviguent les internautes (cybermonde)».

Livre Cyberespace couverture

Le mot est effectivement apparu pour la première fois dans un roman de science-fiction en 1984 mais quelques années plus tard il était devenu une réalité tangible pour un nombre significatif de néophytes en informatique.

Cyberespace (origine mot), GEOconfluences, 01 2020, texte

 

Dans cette définition, j’ai intentionnellement souligné deux mots qui sont nés récemment de faits bien réels:

  •  la première communication entre deux ordinateurs à 500 kilomètres de distance date du 29 octobre 1969. Auparavant, les ordinateurs étaient des machines solitaires qui n’interagissaient que par le biais de supports physiques (cartes perforées, bandes magnétiques …) véhiculés par des humains;
  • les premiers internautes (vous et moi) sont apparus dans les années 90 avec la diffusion des ordinateurs personnels et des smartphones. Leur nombre n’a depuis lors cessé de croître. Il se compte début 2025 en milliards, lesquels représentent près des deux tiers de l’humanité. Une progression qui se poursuit.
Historique du nombre d'internautes de 1995 à 2020
Historique du nombre d'internautes de 1995 à 2020

Loin de la science-fiction, il s’agit d’une transformation capitale survenue dans la période des baby-boomers. Sa portée s’apprécie notamment au nombre de mots qui utilisent (parfois abusivement, pour «être dans le vent») le préfixe cyber: 132 dans le dictionnaire de Wikipedia à ce jour.

Mots en français préfixés avec cyber, Wiktionnaire, texte

J’ai bien entendu évoqué ce thème à plusieurs reprises dans mes parutions précédentes. Plus particulièrement dans la chronique consacrée au progrès technique que j’avais illustrée il y a quelques années avec la masse de fonctionnalités de mon smartphone d’alors. Néanmoins, dans ces chroniques j’exposais surtout les aspects positifs de cette évolution.

Cette nouvelle chronique est par conséquent prioritairement consacrée:

  • aux aspects négatifs, aux risques encourus par les internautes, aspects auxquels sont notamment associés les termes de cyberdélinquance, cybercriminalité, cybercomplot;
  •  à l’utilisation que sont amenés à faire les États et les entreprises de cette cinquième dimension récemment créée par les humains (en sus de la terre, de la mer, du ciel et de l’espace). A cette utilisation sont entre autres associés les termes de cyberstratégie, cyberdéfense, cyberespionnage, cyberpiraterie.

Pour qualifier le contenu de cette chronique, on pourrait envisager le néologisme de cybermalveillance, c’est-à-dire les actes de malveillance - au sens propre - observés dans le cyberespace mais:

  •  il faudrait ajouter un cent trente-troisième postulant au dictionnaire précité...;
  •  surtout, ce terme a lui-même déjà acquis un sens restrictif quand un site gouvernemental l’a réservé aux seuls internautes victimes de délinquants.

Assistance aux victimes de cybermalveillance, Cybermalveillance (site gouvernemental), non daté, texte et illustrations

 

Deux grands volets composeront cette chronique, eux-mêmes scindés en rubriques:

  • la cybermalveillance à destination des internautes:
    • 1 – la délinquance de plus ou moins grande envergure,
    • 2 – l’intoxication mentale de populations ciblées,
    • 3 – les atteintes à la jeunesse,
  • la cybermalveillance entre institutions:

    • 4 – entre entreprises publiques et privées,

    • 5 - entre États et/ou organisations constituées (terroristes notamment),

 tout en précisant deux points:

  • il peut y avoir des interconnexions entre ces rubriques. Ainsi par exemple un État peut s’en prendre à une entreprise pour priver la population de cet Etat d’un service essentiel (5) en accompagnant cette attaque d’une intoxication de la population (2) de l’État auquel il veut s’en prendre (4);

  • dans tous les cas, ce sont des décideurs humains qui font les choix et, à l’autre bout de la chaîne, des victimes humaines qui en subissent les conséquences, de la simple gêne ponctuelle à la mort.

Pour me conformer au choix éditorial que j’ai initialement fait d’associer une date à chaque rubrique, j’adopterai cet ordre séquentiel de 1 à 5 à la chronologie d’événements significatifs survenus depuis 1969. Il me sera facile de choisir un événement dans cet ordre croissant pour chaque rubrique du fait de l’évolution constante des moyens utilisables (que l’on songe récemment aux drones et à l’intelligence artificielle) et des parades développées pour les réduire à néant. Et je ne m’interdirai pas de traiter succinctement le sujet pour l’ensemble de la période.

Une dernière rubrique sera consacrée aux domaines actuellement relativement protégés mais qui sont susceptibles à l’avenir d’être éligibles à une cybermalveillance «augmentée».      "

Pour écrire cette chronique, j'ai compulsé les ouvrages suivants :

 

Dans le cyberespace personne ne vous entend crier, Gilles Fontaine, JC Lattes 2018

 

Fake news et viralité avant internet, Roy Pinker, CNRS Editions 2020

 

L'internet de la haine, Marc Knobel, Berg International Editeurs, 2012

 

Guerre dans le cyberespace, Jean Guisnel, La Découverte/Poche 1997


Espionner, mentir, détruire - Comment le cyberespace est devenu un champ de bataille, Martin Untersinger, Grasset 2024


Les nouvelles guerres, Etienne Huver et Boris Razon, ARTE Editions / Stock 2024


Les nouvelles guerres de nos services secrets, Dossier Le Point 2730 21 11 2024,

J'ai en outre utilisé Gemini (IA) comme outil de recherche documentaire complémentaire.

 

 Introduction publiée le 1 avril 2025

Textes entre guillemets extraits de l'Abécédaire d'un baby-boomer

 

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